30 mar. 2015

Moi aussi j'ai des lutins qui courent très vite dans les fils !

Résumé des épisodes précédents : NetBSD et PXE sont de grands copains. Démarrer ce type d'OS en PXE est faisable, pas trop difficile, documenté dans la langue de Shakespeare ou dans celle de Molière que ce soit pour un système fini (merci iMil) ou juste pour l'installation (autopromotion sans honte).

Mieux vaut tard que jamais, j'ai décidé de tenter ma chance et de configurer un système NetBSD sans disque, suite à la présence à ${HOME} d'une machine graphiquement réduite mais disposant d'une puissance de calcul non négligeable, jugez plutôt :

marvin# egrep '(name|MHz)' /proc/cpuinfo 
model name      : AMD Phenom(tm) 8450 Triple-Core Processor
cpu MHz         : 2100.35
model name      : AMD Phenom(tm) 8450 Triple-Core Processor
cpu MHz         : 2106.73
model name      : AMD Phenom(tm) 8450 Triple-Core Processor
cpu MHz         : 2304.94
marvin# grep MemTotal /proc/meminfo
MemTotal:   3931368 kB

Merci à Madame de me laisser l'utiliser !

Je pourrais utiliser une clé USB, débrancher les disques durs et en ajouter un de mon stock. Mais ce ne serait pas drôle. J'ai utilisé les liens ci-dessus pour démarrer le brave Marvin via NFS, je ne vais donc pas paraphraser ces articles, mais ajouter ici quelques détails, remarques, trucs et peut-être astuces glanés ici et là et qui m'ont aidé.

D'abord, mieux vaut tester dans une machine virtuelle. Parce qu'aller chercher la bécane au fond sous le bureau, ça va une fois. Du coup, il faut s'assurer quand même qu'elle démarre sur le réseau, voire via Wake On LAN pour les plus fainéants. Sinon, une clé USB ou un CD Etherboot devrait faire l'affaire.

Ensuite, repérer la marque de la carte réseau et surtout potentiellement le pilote qui sera utilisé par NetBSD sera pratique : en effet, il faudra créer un fichier ifconfig.xy0, où xy0 sera remplacé par le nom du pilote de la carte réseau, dans mon cas c'est nfe0. Comment trouver le nom du pilote ? Soit on démarre un noyau NetBSD (l'installeur par exemple, qui permet d'obtenir un shell et d'exécuter dmesg | grep -i eth), soit on connaît le modèle de carte réseau et on cherche dans les sources. En ce qui me me concerne, je suis allé cherché la chaîne "NVIDIA" dans le fichier de configuration du noyau.

Toujours dans la catégorie réseau, si vous faites des tests en machine virtuelle, vous risquez probablement de le faire depuis un ordinateur portable connecté en Wi-Fi. Mieux vaut réfléchir un instant à la qualité de son réseau sans fil, et envisager de faire les tests en filaire. Mon expérience personnelle (VM simple cœur, 2Go de ram) : en Wi-Fi, le système démarre en plus de 5 bonnes minutes, en filaire (gigabit Ethernet) cela met moins d'une minute. 5 FICHUES MINUTES QUOI !!! En prime, dès que vous allez vouloir écrire ne serait-ce qu'un méga-octet sur le système, cela va se traîner. J'ai senti ma douleur quand je me suis rendu compte que j'avais oublié de décompresser un set.

J'ai eu une surprise sur le fichier /dev/null, il peut être nécessaire de le recréer :

marvin# cd /dev/
marvin# rm null
marvin# ./MAKEDEV -u all

L'installeur de NetBSD crée automatiquement certains fichiers ou paramètres. Sauf qu'on ne l'a pas utilisé... Parmi les trucs qu'il peut être utile de faire manuellement, il y a ces lignes dans /etc/fstab :

procfs                                          /proc            procfs  rw,auto,linux
kernfs                                          /kern            kernfs  rw
ptyfs                                            /dev/pts       ptyfs    rw

Il n'est pas obligatoire de monter /proc avec l'option linux, c'est juste un confort personnel. Ne pas oublier de créer les répertoires /proc/ et /kern/ avant.

Autre paramètre, celui de la date et de l'heure : par défaut, le système est en heure UTC, moi je veux l'heure de Paris. Pour cela, j'ai modifié le lien symbolique /etc/localtime :

marvin# readlink -f /etc/localtime
/usr/share/zoneinfo/Europe/Paris

Cela n'exclut pas le paramétrage NTP.

J'ai choisi de ne configurer qu'un seul partage NFS, car je n'envisage pas dans l'immédiat d'utiliser ce partage pour d'autres machines. Du coup, je n'ai initialement pas paramétré de swap, mais j'ai ajouté un fichier après coup, en utilisant la documentation officielle. Cela donne :

marvin# dd if=/dev/zero bs=1024k count=1024 of=/swapfile
marvin# chmod 600 /swapfile
marvin# swapctl -a -p 1 /swapfile
marvin# echo "/swapfile none    swap    sw,priority=1 0 0" >> /etc/fstab

Si comme moi vous avez déjà un serveur PXE en place, avec un fichier boot.cfg utilisé par pxeboot_ia32.bin, vous n'avez pas envie de mettre tous les noyaux, d'installation ou non, dans une longue liste. Il est possible de créer un deuxième fichier, qu'on donne à manger à pxeboot en lieu et place de boot.cfg. On le paramètre au niveau du serveur DHCP, par exemple pour ISC DHCP j'ai mis en place la configuration suivante :

host marvin {
        hardware ethernet 01:23:45:67:89:ab;
        fixed-address 192.168.1.13;
        option host-name "marvin";
        option root-path "/chemin/vers/diskless/nbmarvin";
        if filename = "boot.cfg" {
                filename "tftp:nbmarvin.boot.cfg";
        }   
}

On remarque donc que si pxeboot veut récupérer boot.cfg depuis la machine marvin, alors on lui servira nbmarvin.boot.cfg.

J'ai aussi remarqué que le clavier est en qwerty par défaut. Comme je n'ai pas relié de clavier ou d'écran à cette machine, et que j'ai configuré un accès SSH dès que possible, je n'ai pas changé ce paramètre. Toutefois, pour les pressés, vous pouvez utiliser la documentation officielle pour changer l'agencement du clavier.

Et sinon, pas de bol, la carte Wi-Fi PCI n'est pas reconnue :

vendor 0x1814 product 0x3060 (miscellaneous network) at pci1 dev 7 function 0 not configured

Bref, quelques notes en vrac qui, je l'espère, pourront s'avérer utile à l'occasion. Maintenant, il me reste à utiliser cette puissance de calcul à ma disposition (quelqu'un a dit bulk build pkgsrc ?).

9 fév. 2015

vimrc global à son système

Quand on utilise Vim, on a tendance à personnaliser sa configuration en ajoutant ses options préférées dans son fichier ~/.vimrc. Sur un système GNU/Linux (mon expérience porte principalement sur RHEL/CentOS/Fedora), il est possible d'étendre cette personnalisation à tous les utilisateurs d'un système en modifiant /etc/vimrc. En revanche, côté NetBSD, le chemin n'est pas le même. On pourrait naïvement penser qu'il suffit d'utiliser le préfixe /usr/pkg, hein ? Bein non, loupé : le fichier par défaut pour tous les utilisateurs est /usr/pkg/share/vim/vimrc. Heureusement, rien d'insurmontable, et quelques liens symboliques bien placés permettront d'harmoniser les configurations sur tous les systèmes.

26 janv. 2015

je m'en frotte encore les yeux

J'ai encore du mal à y croire : sur la page de la liste des développeurs NetBSD, on y trouve un "Nils". Et c'est moi.

Je. Suis. Développeur. NetBSD.

Je m'en frotte encore les yeux. Je me pince de temps en temps. Et il m'arrive d'aller vérifier sur la page, des fois que quelqu'un soit revenu sur la décision.

Bon allez, c'est pas tout, j'ai des paquets à commiter.

2 sept. 2013

obtenir facilement les propriétés d'un fichier avec stat

Généralement, quand on cherche à obtenir les propriétés d'un fichier, on utilise la commande ls, avec l'argument -l, ce qui donne un résultat proche de ceci :

nils@orgrimmar:~$ ls -l /dev/null 
crw-rw-rw- 1 root root 1, 3 août  4 11:21 /dev/null

C'est bien gentil, mais si on ne souhaite avoir comme information que le propriétaire d'un fichier, ça fait beaucoup de choses à filtrer. Filtrer la sortie de ls avec awk n'est pas le truc le plus méchant, mais je trouve que c'est comme utiliser un fusil à pompe pour se débarrasser d'une mouche. On est dans le monde UNIX, là où il y a des programmes qui ne font qu'une seule tâche, mais qui la font bien.

Et l'outil qui fait cela se nomme tout simplement stat, et est disponible sur de nombreux systèmes. Sous RHEL/CentOS, il est inclus dans le paquet coreutils, et il est installé avec le système de base dans NetBSD. Là où c'est par contre un peu moins drôle, c'est que l'implémentation Linux diffère de l'implémentation BSD.

Exemple, sous Linux :

nils@orgrimmar:~$ stat -c %U /dev/null 
root

Et ensuite sous NetBSD :

nils@dev:~$ stat -c %U /dev/null 
stat: unknown option -- c
usage: stat [-FlLnqrsx] [-f format] [-t timefmt] [file ...]

Allez, on recommence avec les bonnes options :

nils@dev:~$ stat -f %Su /dev/null 
root

Ici, j'ai cherché à afficher le nom de l'utilisateur propriétaire du fichier, mais d'autres propriétés sont disponibles, comme le nom du groupe, les UID et GID propriétaires, les droits, la taille, les dates de création et de modification, le nom du fichier... D'ailleurs, lancé sans autre argument que le nom du fichier, stat propose bon nombre d'informations.

26 août 2013

freeshell : votre accès terminal UNIX sur internet

Je me suis dit que ça serait sympa de vous faire découvrir l'association SDF (pour Super Dimension Fortress) et son projet freeshell : un accès en mode terminal sur une machine UNIX (NetBSD pour être exact). Cet accès, dans certaines conditions, est gratuit. C'est assez chouette, ça existe depuis très longtemps et permet d'apprendre les rudiments d'UNIX sans forcément installer en physique ou en virtuel ce type d'environnement. L'association fait cela à but éducatif et culturel, et est reconnue "non-profit" (oui, c'est une association américaine).

Pour accéder à freeshell, et créer un compte, il suffit de se munir d'un client SSH et de se connecter de la façon suivante :

ssh new@sdf.org

il existe d'autres moyens, qui reposent généralement sur SSH ou telnet, sur la page d'inscription au service.

J'ai indiqué plus haut que sous certaines conditions, ce service est gratuit : il y a en fait différent niveaux de services, selon ce que vous êtes prêts à payer. Une fois le compte et l'accès créé, vous disposez de certains outils, comme :

  • mutt, pop3, imap, icq, twitter, bsflite (aim), irc (sur le réseau SDF) ;
  • games, mud, lynx, gopher, TOPS-20 ;
  • hébergement HTTP statique de type http://yourlogin.sdf.org (d'autres domaines sont possibles) ;
  • traceroute, ping, whois, dig et d'autres.

mais tout ça est dans un shell limité. Si vous consentez à payer une petite somme (historiquement 1 Dollar US), un accès shell "classique" (comprendre : bash, ksh, tcsh, rc ou zsh) vous est alors ouvert, avec bien plus de possibilités, comme le webmail, FTP, SFTP (en entrée, pas en sortie), ou un accès à plus d'outils. Pourquoi le shell limité et pourquoi la somme ? Pour éviter le spam d'une part, et d'autre part car le traitement peut se faire par courrier papier, il suffit d'envoyer un billet de 1 Dollar (ou de 5 Euros) à l'adresse indiquée dans la page d'explication.

Encore plus d'outils et de possibilités sont offertes à qui est prêt à mettre un peu plus la main au portefeuille, et certains services sont facturés au mois, comme par exemple un accès VPN. Le tout est hébergé aux USA, et il existe aussi une version européenne, hébergée en Allemagne : SDFEU. Rien que pour l'accès shell, traceroute, dig, whois et autres lynx, c'est assez pratique je trouve, d'avoir un point "de sortie" ailleurs que dans son pays d'origine. Cela permet par exemple de tester des filtrages (géolocalisation ?). C'est aussi, à mon sens, un moyen de disposer d'un hébergement web (statique) peu coûteux et à taille plus humaine, et à finalité moins commerciale.

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